COMMUNIQUE DE PRESSE N° 041/RDC/VSV/CD/2006
ASSASSINAT A KINSHASA DU JOURNALISTE LOUIS BAPUWA MUAMBA (ANCIEN DE « JEUNE AFRIQUE ECONOMIE »): UN SIGNE AVANT-COUREUR DES ASSASSINATS PROGRAMMES
La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) n’a cessé depuis plusieurs mois d’attirer l’attention sur les menaces sur la sécurité et la vie des candidats et de la population congolaise en cette période d’élections prévues en fin juillet 2006.
Aujourd’hui, la VSV dénonce et condamne l’ignoble assassinat de monsieur Louis BAPUWA MUAMBA, ancien journaliste à l’Agence France Presse (AFP), au magazine « Jeune Afrique Economie » et enfin indépendant publiant dans les journaux dits de l’« opposition politique», notamment « Le Phare » et « Le Potentiel » abattu ce samedi 08 juillet 2006 vers 2h30 du matin dans sa chambre par des hommes en tenue militaire, à son domicile sis quartier Malandi n° 31/C à Kinshasa dans la commune de Matete.
C’est au moment où le journaliste dormait dans sa chambre qu’un groupe d’hommes armés non autrement identifiés a fait irruption dans la parcelle en frappant fortement à la porte d’entrée.
Réveillé par ces coups violents, monsieur BAPUWA KAZADI, neveu de la victime, qui dormait au salon, s’est rendu dans la chambre à coucher pour prévenir son oncle. Ils décident alors de s’enfuir en sortant par une autre porte à l’arrière de la maison en vue d’escalader le mur mitoyen et se mettre à l’abri.
Son neveu a réussi à s’éloigner du lieu et se rendre au sous-commissariat de la police dans les parages pour solliciter l’intervention. Deux policiers armés trouvés sur place acceptent de le raccompagner.
Tandis que le journaliste incapable de grimper le mur sort par la petite porte derrière la parcelle débouchant sur le « tunnel ». Il est repéré puis rattrapé par trois assaillants qui le ramènent dans la maison sous menaces. Selon les témoignages recoupés des voisins, M. Louis BAPUWA MUAMBA implore les assaillants de prendre l’argent et de le laisser en vie, mais il s’entend dire : « nous sommes venus t’abattre ; sinon, nous courons le risque d’être arrêtés…».
Alors que les deux policiers se dirigent vers la maison du journaliste, quatre détonations sont entendues dont deux tirées auparavant pour dissuader l’intervention des voisins. M. Louis BAPUWA MUAMBA est abattu de deux balles qui l’ont atteint à la cuisse de la jambe gauche.
Les policiers arrivent trop tard, la victime agonisant gît dans une mare de sang dans sa chambre à coucher, après avoir tenté de nouer vainement un garrot sur sa cuisse avec une cravate. Son téléphone portable de marque NOKIA est emporté ainsi qu’une importante somme d’argent. Les autres effets de valeur n’ont pas été touchés. Cette opération macabre n’a duré qu’environ quinze minutes. La victime laisse une veuve et quatre enfants résidant en France.
Ce dimanche 09 juillet 2006, le domicile du journaliste et ses alentours semblent sous surveillance avec la présence d’inconnus qui se font passer pour des visiteurs, qui contrôlent d’une façon sournoise les allées et venues… jusqu’à filer de vrais visiteurs. Comme pour dire que le criminel revient toujours sur le lieu du crime…
Il convient de rappeler que le journaliste a été victime d’une autre agression armée le 08 mars 2006 vers 2 h 45’ de la part de cinq hommes en uniforme munis chacun d’une arme de marque FA. Ceux-ci avaient même maîtrisé et ligoté les quatre occupants de la maison avant d’emporter 850$ et cinq téléphones portables et plusieurs autres effets.
Une plainte contre inconnu qui a été adressée le même jour aux commandants de la police de district, de la commune de Matete et du sous-commissariat de la Gare/Matete est demeurée sans suite.
Dans la même période, M. Louis BAPUWA MUAMBA a reçu trois appels téléphoniques anonymes menaçants : « Tu reviens encore ici au pays, tu vas nous trouver sur ton chemin! ».
L’assassinat de M. Louis BAPUWA MUAMBA coïncide avec la publication de ses articles assez critiques sur la gestion de la transition politique en RDCongo dont le dernier en date : « Pourquoi la transition est-elle bloquée au Congo ? », publié dans le journal « Le Phare » édition n°2875 du jeudi 06 juillet 2006.
L’assassinat du journaliste Louis BAPUWA MUAMBA rappelle l’allergie de la composante politique dénommée Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Démocratie (PPRD) qui a expulsé lundi 03 juillet 2006 Ghislaine DUPONT, journaliste et envoyée spéciale de la Radio France Internationale (RFI) dont les analyses critiques et profondes relatives au processus de transition politique en RDCongo sont redoutées par certains acteurs politiques soucieux de se cramponner à tout prix au pouvoir quel que soit leur bilan de gestion en défaveur de la population.
La VSV est choquée de constater que la mort vient une fois de plus frapper les professionnels des médias huit mois seulement après l’assassinat du journaliste Franck Ngyke Kangundu, de la Référence Plus, lâchement abattu en compagnie de son épouse, madame Hélène Mpaka, par des hommes armés la nuit du 03 novembre 2005 à son domicile à Kinshasa / Ngaba.
Jusqu’à ce jour, le procès n’a jamais été ouvert en dépit de l’arrestation des présumés «vrais » assassins.
Le choc est d’autant plus grand que les autorités publiques congolaises (ministre de l’intérieur, sécurité et décentralisation, bourgmestre de la commune de Matete…) ont publiquement banalisé l’assassinat en le considérant comme un cas isolé d’insécurité et un problème individuel et ce, à la révolte des témoins et de la population.
Eu égard à la mauvaise foi du pouvoir en place et la persistance des rumeurs faisant état de l’existence au sommet de l’Etat d’un plan destiné à semer la terreur, la peur dans la population et des candidats aux élections, par la multiplication des attaques armées et autres pour mettre en péril la vie et la sécurité des personnes, la VSV réitère ses inquiétudes et exige :
- La mise sur pied d’une commission d’enquête indépendante, composée, entre autres, du gouvernement, de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC), des organisations de défense de la liberté de la presse en vue de faire toute la lumière sur l’assassinat prémédité du journaliste Louis BAPUWA MUAMBA afin de procéder dans l’immédiat à l’arrestation des auteurs et leurs commanditaires;
- L’organisation d’un procès juste et équitable par une juridiction indépendante sur l’assassinat non seulement de M. Louis BAPUWA MUAMBA, mais aussi du journaliste Franck Ngyke et son épouse, Mme Hélène Mpaka.
Tout compte fait, la VSV est convaincue que sans cet exercice de lutte contre l’impunité, il est illusoire ou démagogique de garantir, durant la période électorale, la vie et la sécurité des opposants politiques, des journalistes, des défenseurs des droits humains, des syndicalistes, des avocats, des magistrats indépendants…et autres militants de la liberté, de la démocratie et de la justice.
Autrement, il est exclu de prétendre résoudre le problème chronique de sécurisation des élections en RDCongo.
La VSV invite le gouvernement à avoir un regard positif, à vaincre sa peur manifeste envers une presse vraiment indépendante, laquelle, au lieu de constituer une menace contre un candidat, est plutôt un atout précieux pour le triomphe de la démocratie, bref la réussite des élections en RDCongo en vue de prémunir le pays de contestations électorales majeures.
Fait à Kinshasa, le 09 juillet 2006
LA VOIX DES SANS-VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)
Après Didace Namujimbo, Serge Maheshe, Pascal Kangundu, Bapuwa Muamba ... Encore un journaliste tué à l’arme blanche en République Démocratique du Congo !
Par James Bénédict Ngumbu, lundi 24 août 2009 à 12:40
j'ai perdu un ami,j'etais à l'ile de mallorque pendant dix ans donc je n'ai rien su.uamba BAPUWA était un combattant anti-mobutiste,je l'ai connu à Pars dans les années 80,et il nous transmettait des info de la VSV.CHEBEYA aussi était un de nos informateurs.Ces assassinats sont programmés.La police politique se sert de malfrats pour accomplir leurs basses oeuvreesJe suis vraiment outreé d'apprendre la mort brutale de M Louis Bapuwa ( Le pere de MPoy, sa Fille aineé ) Je suis du Q/Malandi Numéro 31/A.Un voisin trés exémplaire avec sa trés belle femme ( Maman na Mpoy).C'était un anti-mobutiste. On se croiser à Bruxelle en 1989 et nous sommes perdué de vue.Quel perte pour la famille et nous tous.Que son Amen reposer en paix !!!
Mr KingMarius Nk.